Théâtre musical en 1 acte et 5 tableaux
Livret : Pierre Senges & Hélène Clerc-Murgier.
Musique : Mel Bonis, Cécile Cheminade, Geneviève Taillefer.
Direction musicale : Hélène Clerc-Murgier
Mise en scène : Juan Kruz dias de Garaio Esnaola
Vidéos : Louison Costes
Avec Daphné Hacquard, Jeanne Zaepffel, Brice Ormain
Piano : Hélène Clerc-Murgier
Trois femmes lumineuses, Marie Curie, Loïe Fuller, Edmée Chandon, traversent une même époque et un même combat : celui de l'existence face à l'invisibilisation. Le livret de Pierre Senges et Hélène Clerc-Murgier tisse dialogues scientifiques, chansons françaises, danse et quelques mots de polonais dans un récit sobre. Ce n'est pas une biographie en musique. C'est une méditation sur la matière, celle que l'on découpe, que l'on nomme, que l'on empoisonne parfois sans le savoir.
La scénographie vidéo comme langue dramaturgique
La compagnie Les Monts du Reuil fait de la vidéo un outil de mise en présence, non de décoration. Dans Femmes Phosphorescentes, le dispositif s'impose naturellement : la radioactivité, la phosphorescence, la lumière ultraviolette sont des matières visuelles avant d'être des métaphores. Les images en mouvement, archives scientifiques, captations de danse serpentine, particules, corps dans le noir, deviennent la troisième voix du spectacle, celle qui donne corps à ce que le chant dit en creux. L'esthétique visuelle travaille la luminescence : ce qui brille dans l'obscurité, ce qui reste après que la source a disparu. Elle dialogue directement avec la figure de Loïe Fuller et ses costumes phosphorescents imaginés puis abandonnés, un fil conducteur scénique entre danse, science et danger.
Pourquoi maintenant
Le sujet, femmes pionnières, effacement institutionnel, rapport au corps et au risque, résonne avec une urgence documentée. Mais le livret l'aborde par le biais de la physique et de la beauté, jamais par celui du manifeste. La force du spectacle est précisément là : dans l'ellipse, dans ce qui est dit entre les mesures et les formules.
Formats et contextes de diffusion
Le spectacle s'adapte à plusieurs configurations. En version concert dramatisé, il convient aux scènes de musique vocale, salles patrimoniales et centres culturels avec installation vidéo légère. En version scène complète, il appelle un plateau équipé en projection et une régie lumière apte à travailler par soustraction, le noir comme espace de révélation. Des contextes de programmation thématique sont également pertinents : saisons autour des femmes dans les sciences, cycles sur la mémoire et les corps, ou festivals croisant arts vivants et patrimoine scientifique.
Programme musical
Mel Bonis, Cécile Cheminade, Geneviève Taillefer : trois noms qui portent eux-mêmes le sujet. Des compositrices françaises injustement marginalisées, dont les œuvres retrouvent ici une scène. Le choix n'est pas anecdotique, il constitue aussi l'un des arguments programmatiques les plus solides du dossier.