
Spectacle chorégraphique
Livret & direction musicale : Hélène Clerc-Murgier
Chorégraphie & danse : Juan Kruz Diaz de Garaio Esnaola
La Camargo : Clémentine Deluy
La vie de Marie-Anne Cupis de Camargo est un roman. Le vrai se mêle au romancé, on ne s'y retrouve plus dans toutes les informations qui créent autour de cette femme une légende. La plupart de ses biographes ne s'embarrassent d'aucune précision historique quant aux dates, aux noms et aux événements qui ponctuent sa vie ; dénouer le vrai du faux devient parfois un véritable casse-tête.
Mais après tout, qu'importe. La légende rejoint le véridique, et vice-versa.
Et le bonheur est de se laisser porter par la légende.
Quelques vérités incontournables : sa naissance, son entrée dans les ballets de l'Opéra, ses absences pour passions amoureuses, certains événements ayant défrayé la chronique, son adieu à la scène, et sa mort bien sûr. Plusieurs portraits de Natier, Lancret, Latour. Un chef-d'œuvre hommage de Rameau, La Cupis. La Camargo est aussi entrée dans l’histoire de la danse pour avoir créé l’entrechat et raccourci les jupes des danseuses, donnant naissance au fameux tutu. On la retrouve dans environ 76 opéras ou opéras-ballets entre 1726 et 1751.
Autre vérité : ses deux jeunes frères et son neveu furent des musiciens et compositeurs reconnus. Jean-Baptiste, violoniste, finit sa vie à Montreuil, cultivateur de pêches.
Le reste se pare de mystères. A-t-elle eu deux enfants avec le comte de Melun ? A-t-elle rencontré Mandrin, le célèbre voleur ? Combien d’amants a-t-elle embrassé ? Mille et un, comme le dit la légende ?
Car il faut imaginer ce qu’inspira La Camargo à son époque : fascination pour une femme pleine de grâce et de fougue, qui semble avoir été totalement libre dans ses choix artistiques et amoureux.
C’est cette figure, à la frontière entre réalité et mythe, que nous explorons dans ce spectacle chorégraphique, où les musiciens évoluent en mouvement constant autour de Juan Kruz Diaz de Garaio Esnaola et Clémentine Deluy
Redécouvert par la Compagnie les Monts du Reuil dans son exploration du répertoire de l'Opéra Comique du milieu du 18ème siècle, le Docteur Sangrado s'inspire de Gil Blas de Santillane, roman d'Alain-René Lesage, que le librettiste Louis Anseaume dépeint comme un personnage d'abord truculent, puis pathétique lorsque Jacqueline, sa jeune promise, lui fait faux bond. La ravissante partition de Jean-Louis Laruette et Egidio Duny, interprétée par les excellents musiciens baroques des Monts du Reuil, accompagne une intrigue des plus rythmée que le talent du metteur en scène et chorégraphe Juan Kruz dias de Garaio Esnaola souligne à merveille.
